Après une matinée sans autres surprises, je suis parti pour une après-midi installé bien au chaud, j'ai pas vraiment envie de sortir pour voir ce qu'il se passe à l'extérieur, l'intimité de mon petit nid douillet me procure une douce sensation de sécurité et cette torpeur me rassure.
Vingt heures déjà, vie de merde ! comparé à moi les moines franciscains sont des aventuriers.
Tiens ! une visite, elle est toujours aussi jolie avec ses jolies boucles brunes, je redresse la tête pour la première fois de la journée, j'essaie même de me grandir et j'affiche une droiture digne des plus beaux garde-à-vous.
A la vue de la journée que je viens de passer, mais dont elle ignore tout, je me rengorge et fais montre d'une dignité à la hauteur de la situation, je remplis mes obligations d'hôte avec toute l'attention dont je suis capable et mon empressement à satisfaire ses moindres désirs me laisse présager un final dépassant toutes mes espérances et ses lèvres humides ne font que renforcer cette impression. Cette journée si mal commencée se clôture en fanfare, elle but mes paroles comme je bus les siennes. Dieu que la vie peut être belle !
Comme tout homme je pense avec ma queue et je m'aperçois que cet article n'a pas été rédigé par moi, il m'a été dicté par mon sexe. Dans le fond pourquoi ne pas lui laisser la parole ? Je ne le considère pas comme une personne à part entière, mais la vigueur de mon état de santé étant directement liée à la sienne, je ne peux lui refuser ce petit moment de gloire et l'honneur d'être soumis à vos critiques.
Seigneur ! quelle tête de gland celui-là.